Déjà plusieurs centaines de passagers pour la navette sans chauffeur

Source: Quotidienne | L’actu Métropole de Lyon | 30 novembre 2019

Lancée mi-novembre après six mois d’expérimentation, la navette autonome N1 a réussi ses débuts, avec 230 passagers dès la première semaine. Seul problème à signaler : le freinage, un peu rude, se déclenche trop souvent

«L’exploitation se passe dans l’ensemble très bien. À notre grande surprise on prend énormément de monde, essentiellement des salariés du parc Olympique Lyonnais, la patientèle du pôle médical et les salariés de l’hôtel Kopster. » Laurent Millet, 34 ans, opérateur de la navette N1, est ravi. Inauguré le 15 novembre après six mois d’expérimentation à blanc, Le véhicule autonome répond aux attentes. Lors de sa première semaine d’exploitation, environ 230 trajets ont été effectués, entre Décines Grand Large et le Parc Olympique Lyonnais. Sans incident majeur à signaler, ou presque: les capteurs de la navette, parfois tatillons, provoquent des freinages brusques lorsqu’ils détectent un obstacle. Même les fils des sacs-poubelles présents sur le bord de la chaussée sont pris en compte! Un défaut qui nuit légèrement à la qualité du trajet, mais qui devrait être corrigé avec le temps.

Amélioration à faire au niveau du freinage

Pensée comme une alternative au bus 85, qui ne passe qu’une fois toutes les vingt minutes aux heures de pointe, la navette autonome remplit sa mission. Moïse, 32 ans, menuisier charpentier au Parc OL, est impressionné par la prouesse technologique. Il tempère cependant : «Il y a encore des améliorations à faire, par exemple sur le frein. Il y a beaucoup d’à-coups. Au moindre objet qui dépasse de la route, la navette pile». Une réaction due au logiciel qui permet à la ligne N1 d’opérer. L’itinéraire de la navette a été cartographié, et le véhicule circule sur une ligne virtuelle. En mode autonome, impossible de dépasser cette ligne. D’où la nécessité d’avoir un agent TCL à bord : «Elle fait beaucoup de choses mais n’est pas encore capable de doubler ou de contourner un obstacle», explique Laurent Millet. Fort des premiers retours des opérateurs et des usagers, le constructeur des navettes, Navya, travaille sur des améliorations. Avec pour objectif d’offrir, à terme, une ligne complètement autonome, sans opérateur à bord.

500 000 € pour acquérir deux navettes

Lancée le 15 novembre dernier, la ligne N1 relie l’arrêt Décines Grand Large au parc Olympique Lyonnais. Deux navettes circulent sur ce trajet d’1,4 kilomètres, avec des passages toutes les quinze minutes en heures de pointe. Avec une vitesse limitée à 20 km/h, les véhicules ont besoin d’environ huit minutes pour réaliser leur trajet. Ils représentent un investissement conséquent pour le Sytral, qui a déboursé près de 500 000 € pour acquérir deux navettes. Pour les deux prochaines années, la ligne N1 sera en phase de test. Les usagers pourront donc l’emprunter gratuitement, sans avoir besoin de se munir d’un ticket. Il s’agit d’une innovation inédite en France. Ces véhicules autonomes sont les premiers à opérer en circuit ouvert, c’est-à-dire au milieu de la circulation. Un bond en avant qui fait suite à la mise en circulation, en 2016, d’une navette autonome dans le quartier de Confluence. Le minibus est principalement utilisé par les touristes sur une zone piétonne.